Archive | poêmes RSS feed for this section

Le paysan, sa fille, son chien, et le troubadour. Un conte moral en vers

13 mai

Un petit texte de mon cru tiré de mon blog de poésies : http://peauhaime.wordpress.com

Hors donc, en ce temps-là vivaient en terre lointaine
Un paysan rustaud, sa jeune fille, et sa chienne.
Habitant un taudis, crasseux et sans hygiène,
Il puait tant et tant qu’on en perdait l’haleine.

Sa douce enfant chérie, accorte demoiselle,
N’avait pas d’odorat, bienheureux don du ciel.
Elle ne sentait donc pas la puanteur infâme,
Que dégageait son père et n’en faisait pas drame.

Seule à souffrir cela, la chienne au meilleur flair
Détalait en pleurant, dès qu’approchait le père.
Et le pauvre animal, rampant, tremblant de peur,
Fuyait, sans le pouvoir, l’insupportable odeur.

Vint à passer par là un simple troubadour,
Errant à l’aventure pour mieux chanter l’amour.
Il allait ça et là, comptant sur son bagout,
Pour trouver le coucher et un bol de ragoût.

C’est en voyant la fille du puant laboureur
Qu’il crut avoir enfin  trouvé le vrai bonheur.
Penchée dessus les choux, les raves et les radis,
Elle exhibait sans honte sa croupe rebondie.

Elle avait relevé, pour être plus à l’aise,
Sa jupe, ses jupons, et le reste, à Dieu ne plaise.
La belle se croyant seule, et vivant loin de tout,
Avait moins de pudeur qu’une truie dans la soue.

-« Holà, Damoiselle ! Quelle est donc votre peine,
Pour que vous la cachiez en ces terres lointaines ?
Onc n’ai vu si belle dame qu’au bras d’un grand seigneur ! »
Lui dit le troubadour, en maître beau parleur.

La belle en question se releva et fit face
A l’homme qui causait avec autant de grâce.
Ce faisant elle révèle à l’aède ébahi
Un corsage qui, ma foi, semblait fort bien rempli.

Découvrant qui parlait, elle fit la révérence,
Oubliant par là-même son manque de décence.
-« Avec les fesses à l’air et la poitrine au vent,
Pensa le troubadour : Quel spectacle charmant ! »

En voyant la lueur dans l’œil du visiteur,
La vilaine sentit naître une douce langueur.
Elle rajusta sitôt ses jupons, son corsage,
Et s’enquit, souriante, du but de son passage.

-« Ma toute belle, dit en s’inclinant le troubadour,
Je suis poète, jongleur de rimes, faiseur de tours,
Je vais où va le vent, où ma muse m’appelle,
Pour déclamer mes vers, chanter mes ritournelles ! »

-« Un artiste ! Quel bel homme! » Se dit la demoiselle.
Bien qu’elle n’eut que le fils du voisin pour modèle,
Un garnement très laid, et moins qu’ intelligent,
Et son père, un brave homme, mais combien repoussant.

Voyant en ce jeune homme un possible mari,
Elle l’invita de suite à la suivre au logis,
Ou il aurait manger et boire tout à loisir,
Et s’il aimait la paille, il pourrait y dormir.

remerciant son étoile, le malin troubadour
Lui emboita le pas en pensant à l’amour,
Qui, on ne sait pourquoi, frappe sans prévenir,
Et perce de sa flèche sans jamais coup férir.

En arrivant enfin à la pauvre chaumière
Il eut le cœur serré en voyant sa misère,
Mais à la puanteur que dégageaient les lieux,
Il n’eut plus qu’une envie, c’est d’y bouter le feu.

Il entra malgré tout derrière la jeune fille
En prenant bien grand soin de boucher ses narines.
L’odeur à l’intérieur était encore plus forte
Au point que, en entrant, les mouches tombaient mortes.

Le poète soudain se sentit défaillir,
Et les larmes de ses yeux commencèrent à jaillir.
Mais il ne devait pas montrer là sa faiblesse,
Et repris contenance pour plaire à la drôlesse.

Elle le regardait d’un air apitoyé,
Se demandant soudain si elle avait bien fait
D’amener à son père cet homme qui lui plaisait,
Mais qui semblait bien faible, peu apte à labourer.

Soudain s’approcha d’eux, tremblante, l’échine courbée,
Une chienne bâtarde, vraiment laide à pleurer.
Elle lécha la main de sa jeune maîtresse,
En remuant la queue, comme pour lui faire liesse,

Puis renifla les chausses du joli ménestrel.
Enivrée du parfum qui se dégageait d’elles,
Elle se mit à sauter, prise de frénésie,
Se frotta à ses basques, même urina sur lui.

La belle la repoussa d’un méchant coup de pied,
Montrant qu’elle n’avait pas les manières qu’il sied.
Puis elle mena au père son nouvel amoureux,
Espérant en son cœur qu’ils s’entendraient tous deux.

Celui-ci se tenait assis au coin de l’âtre,
et réchauffait ses mains au pauvre feu jaunâtre.
Le poète s’approcha, prêt à se présenter
A l’homme dont il voulait la fille courtiser.

A ce moment le père eut un fort bâillement,
Lui envoyant au nez, sans avertissement,
Une bouffée d’un air tellement  pestilentiel
Que notre troubadour sentit s’ouvrir le ciel.

Une odeur de latrines, de vase marécageuse,
Et autres émanations aussi calamiteuses
Assaillirent son odorat si délicat,
Et lui ôtèrent l’envie de quitter le célibat .

Laissant là la vilaine et son puant auteur,
Il s’enfuit promptement, poursuivi par l’odeur.
La chienne le suivit, éprise de cet homme,
A la voix tellement douce, et au si bon arôme.

Dès qu’il fut assez loin, il cessa de courir,
Et prit enfin le temps de vraiment réfléchir .
-« La donzelle est bien belle, et promet belle nuits,
Mais avoir tel beau-père ! Trop fort en est le prix !

Il regarda la chienne, toute en amour pour lui :
-« Cette bête est bien laide, cela je ne le nie,
Pourtant si je la garde, elle me sera fidèle,
Au contraire d’une femme, aussi bonne soit-elle.

Il caressa la chienne, lui baisa le museau,
Et il reprirent la route, comme deux tourtereaux.

jowa59

Hors donc, en ce temps-là vivaient en terre lointaine
Un paysan rustaud, sa jeune fille, et sa chienne.
Habitant un taudis, crasseux et sans hygiène,
Il puait tant et tant qu’on en perdait l’haleine.

Sa douce enfant chérie, accorte demoiselle,
N’avait pas d’odorat, bienheureux don du ciel.
Elle ne sentait donc pas la puanteur infâme,
Que dégageait son père et n’en faisait pas drame.

Seule à souffrir cela, la chienne au meilleur flair
Détalait en pleurant, dès qu’approchait le père.
Et le pauvre animal, rampant, tremblant de peur,
Fuyait, sans le pouvoir, l’insupportable odeur.

Vint à passer par là un simple troubadour,
Errant à l’aventure pour mieux chanter l’amour.
Il allait ça et là, comptant sur son bagout,
Pour trouver le coucher et un bol de ragoût.

C’est en voyant la fille du puant laboureur
Qu’il crut avoir enfin  trouvé le vrai bonheur.
Penchée dessus les choux, les raves et les radis,
Elle exhibait sans honte sa croupe rebondie.

Elle avait relevé, pour être plus à l’aise,
Sa jupe, ses jupons, et le reste, à Dieu ne plaise.
La belle se croyant seule, et vivant loin de tout,
Avait moins de pudeur qu’une truie dans la soue.

-« Holà, Damoiselle ! Quelle est donc votre peine,
Pour que vous la cachiez en ces terres lointaines ?
Onc n’ai vu si belle dame qu’au bras d’un grand seigneur ! »
Lui dit le troubadour, en maître beau parleur.

La belle en question se releva et fit face
A l’homme qui causait avec autant de grâce.
Ce faisant elle révèle à l’aède ébahi
Un corsage qui, ma foi, semblait fort bien rempli.

Découvrant qui parlait, elle fit la révérence,
Oubliant par là-même son manque de décence.
-« Avec les fesses à l’air et la poitrine au vent,
Pensa le troubadour : Quel spectacle charmant ! »

En voyant la lueur dans l’œil du visiteur,
La vilaine sentit naître une douce langueur.
Elle rajusta sitôt ses jupons, son corsage,
Et s’enquit, souriante, du but de son passage.

-« Ma toute belle, dit en s’inclinant le troubadour,
Je suis poète, jongleur de rimes, faiseur de tours,
Je vais où va le vent, où ma muse m’appelle,
Pour déclamer mes vers, chanter mes ritournelles ! »

-« Un artiste ! Quel bel homme! » Se dit la demoiselle.
Bien qu’elle n’eut que le fils du voisin pour modèle,
Un garnement très laid, et moins qu’ intelligent,
Et son père, un brave homme, mais combien repoussant.

Voyant en ce jeune homme un possible mari,
Elle l’invita de suite à la suivre au logis,
Ou il aurait manger et boire tout à loisir,
Et s’il aimait la paille, il pourrait y dormir.

remerciant son étoile, le malin troubadour
Lui emboita le pas en pensant à l’amour,
Qui, on ne sait pourquoi, frappe sans prévenir,
Et perce de sa flèche sans jamais coup férir.

En arrivant enfin à la pauvre chaumière
Il eut le cœur serré en voyant sa misère,
Mais à la puanteur que dégageaient les lieux,
Il n’eut plus qu’une envie, c’est d’y bouter le feu.

Il entra malgré tout derrière la jeune fille
En prenant bien grand soin de boucher ses narines.
L’odeur à l’intérieur était encore plus forte
Au point que, en entrant, les mouches tombaient mortes.

Le poète soudain se sentit défaillir,
Et les larmes de ses yeux commencèrent à jaillir.
Mais il ne devait pas montrer là sa faiblesse,
Et repris contenance pour plaire à la drôlesse.

Elle le regardait d’un air apitoyé,
Se demandant soudain si elle avait bien fait
D’amener à son père cet homme qui lui plaisait,
Mais qui semblait bien faible, peu apte à labourer.

Soudain s’approcha d’eux, tremblante, l’échine courbée,
Une chienne bâtarde, vraiment laide à pleurer.
Elle lécha la main de sa jeune maîtresse,
En remuant la queue, comme pour lui faire liesse,

Puis renifla les chausses du joli ménestrel.
Enivrée du parfum qui se dégageait d’elles,
Elle se mit à sauter, prise de frénésie,
Se frotta à ses basques, même urina sur lui.

La belle la repoussa d’un méchant coup de pied,
Montrant qu’elle n’avait pas les manières qu’il sied.
Puis elle mena au père son nouvel amoureux,
Espérant en son cœur qu’ils s’entendraient tous deux.

Celui-ci se tenait assis au coin de l’âtre,
et réchauffait ses mains au pauvre feu jaunâtre.
Le poète s’approcha, prêt à se présenter
A l’homme dont il voulait la fille courtiser.

A ce moment le père eut un fort bâillement,
Lui envoyant au nez, sans avertissement,
Une bouffée d’un air tellement  pestilentiel
Q

Angoisse

15 mar

Un vol de noirs corbeaux traverse mon esprit,
Et leurs ailes de jais me plongent  dans la nuit.
Frissonnant de terreur, le cœur empli de glace,
Je  m’éveille et je pleure, envahi par l’angoisse.

Les murs bleus de la chambre, si gais au clair du jour,
Me semblent tout à coup devenus bien trop lourds.
Ils vont, j’en suis sûr, se refermer sur moi,
Devenir une tombe, me faire périr d’effroi.

Mon cœur dans ma poitrine bat de plus en plus vite,
Tel un oiseau blessé, il tressaille et palpite.
Comme broyée par un poing, ma gorge se resserre,
Je ne puis respirer, j’étouffe, je manque d’air !

Une serre glacée me fouille les entrailles,
J’ai les jambes coupées, voilà que je défaille !
Pas un instant de plus je ne supporterais
Cette chambre où pourtant en plein jour je me plais.

Je vais me réfugier, comme je fais chaque fois,
Au fond du canapé, pour calmer mon émoi.
Et je reste  prostré, figé, tremblant de peur,
Attendant, espérant, les premières lueurs.

jowa59

13/03/2009

A vous qui me lisez…

15 oct

Une petit pochade à afficher dans les lieux d’aisance…

À vous qui me lisez, assis sur les toilettes,

Apprenez que c’est là que j’ai écris ces mots.

J’avais fait de ces lieux isolés ma retraite,

Trouvant là un endroit propice à mon repos.

Cette pièce exigüe mais combien confortable,

Où je me réfugie quand j’en ai plein le dos,

Est dev’nue mon fortin au verrou  inviolable,

Où je peux faire des vers… sans aucun jeu de mots.

 

© jowa59

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.